Le premier conseil municipal est formel. Il s'est réuni à la salle des fêtes, d'abord présidé par le doyen de l'assemblée. Tout à l'émotion de la cérémonie et à sa hâte de voir confirmer son candidat à la magistrature de la ville, il a proposé, je crois sans malice, que le vote se fasse à main levée et annonce qu'il ni a ni vote contre, ni abstention. C'était sans compter que tout avait été dument préparé : le responsable des services de la ville a assuré la présidence du vote à bulletins secrets pour élire le maire de la ville puis de ces adjoints. Les accesseurs nommés, les benjamins de chacune des liste, devaient procéder au dépouillement. C'est alors que chacun à son tour, à l'appel de son nom, par ordre sur les deux listes, d'abord la majorité municipale, puis son opposition.

Y avait-il suspens ? Evidemment non. M le Maireest candidat à sa propre succession. Nous, l'opposition, avons choisi de ne pas présenter de candidat, car c'est non pas une seule personne qui doit incarner le groupe, mais notre collectif responsable, démocrate, républicain et vigilant avant tout. Nous respectons le choix d
es électeurs d'Hagondange. Nous nous abstenons donc. Devant notre place, nous avions pourtant carte blanche avec à notre disposition des bulletins vierges pour porter le nom de notre choix.


Quel n'est pas alors notre étonnement au moment du dépouillement de constater que tous les bulletins qui se portent vers l'investiture de M le Maire ne sont pas manuscrits, mais imprimés d'avance. Nous nous réjouissons d'avoir un maire qui pense ainsi à tout ainsi à l'avance. Le système semble bien en place. Pour élire les adjoints, c'est un système de liste qui est proposé au suffrage des conseillers. Là encore, notre opposition s'abstient. Nous sommes rejoints par un autre bulletin blanc et un bulletin annulé pour annotation manuscrite du nom d'un adjoint. C'est peut-être que, sous couvert de l'anonymat du scrutin, la règle du scrutin de liste pour les adjoints n'ait pas plu à tous ou qu'un ou deux mécontentements dans la majorité se soient ainsi manifestés.

L'important n'est-il pas que nous soyons sur la photo du premier conseil municipal, au troisième rang sur les gradins. Au lieu de nous montré esseulés, nous figurerons donc, sans que ceux qui nous ont demandé de nous placer ainsi l'aient voulu, "en haut de l'affiche", en position de vigie. 

Rien de tout ceci n'est grave, cela prête plutôt à sourire.